Historique :
Un doute plane toujours sur l'origine exacte du Cao da Serra des Aires, différentes hypothèses lui prêtent un peu de sang français, que ce soit par le biais du Berger de Brie ou celui du Berger des pyrénées.
Le climat et la configuration de terrain de la Brie n'ont certainement rien de comparable avec ceux des plateaux rocailleux de l'Alentejo et du Ribatejo (où l'on utilise le Cao da Serra des Aires), aussi on se demande comment notre Briard s'y serait adapté.Alors faut-il abandonner cette thèse, même si l'on retient que le Comte de Castro Guimares aurait au début du XXe siècle importé un couple de Bergers de Brie ? Cela prouverait-il pour autant qu'il ait allié ses Briards avec des bergers portugais ?
Il paraîtrait plus vraisemblable d'attribuer au Cao da Serra une parenté avec le Berger des Pyrénées. Mals il ne faut surtout pas négliger le fait que la péninsule ibérique ne manque pas de races ( ou tout au moins de variétés sinon de races : reconnues et répertoriées) de bergers autochtones, tels l'Euskal Artzai (Berger Basque), les Bergers du Val d'Aran, de Galice, du Léon, de Castille, du Haut Aragon, sans oublier le Gos d'Atura Catalan.
Actuellement, c'est cette parenté avec le Gos d'Atura qui paraît prévaloir parmi les aficionados de la race. Cela ouvrirait donc encore un peu plus l'origine du Cao da Serra de Aires sur l'Europe, puisque des spécialistes espagnols du Gos d'Atura voient, comme pour le Berger Bergamasque (donc un italien !), des ancêtres communs à tous ces petits bergers: les chiens de berger à poil long qui auraient suivi les légions romaines à travers l'Europe lors de leurs conquêtes.
Mais, d'où venaient ces chiens de berger qui suivaient les légions romaines ? Alors là, on quitte les frontières de l'Europe. puisqu'il est généralement admis qu'ils accompagnaient les grands chiens de montagne originaires de l'Asie Centrale: les grands chiens de montagne protégeaient les troupeaux contre les prédateurs, et les bergers, eux, rassemblaient le bétail, l'encadraient et veillaient à sa bonne marche.
En fait, l'histoire avérée du Cao da Serra de Aires ne peut remonter avec certitude qu'à 1932. C'est cette année-là qu'au sein du Club des Chasseurs Portugais, est créée la section "Canicultura" (devenu ensuite le "Clube Portugues de Canicultura") qui donne à la race son existence officielle. Par contre, il semblerait qu'entre 1932 et 1957, date d'homologation du premier champion, il ne se soit rien passé de significatif. A vrai dire, la race n'avait dû faire l'objet d'aucune sélection, et - plus étonnant encore - ni même d'enregistrement, puisque "Alentejo" (né en 1954, homologué en1957) le premier champion, de même que "Montemor" qui servit à la rédaction du standard, étaient tous deux d'origines Inconnues",
Si, malgré cette incurie, la race n'est pas tombée dans l'oubli, elle le doit surtout aux propriétaires des deux chiens précités, le Dr Filipe Morgado Romeiras, ainsi qu'au Dr Antonio Cabro (qui pendant des années fut le président de la Société Canine Portugaise) entourés d'une poignée d'éleveurs assez passionnés pour veiller à la propagation du Cao da Serra de Aires.
Standard :
Poids de 12 à 18 kg. Pour les mâles la taille est de 45 à 55 cm et de 42 à 52 cm pour les femelles. La tête est forte, large, pas longue ni globuleuse. Le crâne est un peu plus long que large Le nez, bien détaché, présente des naseaux larges, la couleur noire est préférable ou alors plus foncée que la robe. Les yeux arrondis, à l'expression vive sont de préférence de couleur foncée, les paupières sont pigmentées de noir et toujours plus foncées que la robe. Le chanfrein presque cylindrique est court (environ les 2/3 de la longueur du crâne) Le stop est bien marqué. Les lèvres sont serrées, minces, fermes. Il ya une parfaite opposition des mâchoires, les dents sont blanches et solides. Les oreilles triangulaires, de longueur moyenne, sont insérées haut, portées tombantes et non cassées lorsqu'elles sont entières, ou droites quand elles sont coupées.
Les membres antérieurs sont forts, régulièrement écartés, l'avant-bras est vertical et bien musclé, le pied arrondi (sans être aplati) a des doigts longs et serrés. La ligne supérieure du tronc est peu plongeante Le poitrail est ample, la poitrine bien descendue, les côtes sont peu arquées. Le dos est droit ou légèrement plongeant et long. Les reins sont courts et arqués. La croupe de longueur et largeur moyennes est légèrement avalée. Les membres postérieurs sont forts, régulièrement écartés La queue est insérée haut, au repos elle retombe entre les fesses, en action elle s'étend un peu arquée et évente ou se relève enroulée.
La robe, qui ne présente pas de sous-poil, est longue, lisse ou peu ondulée, formant de longues barbes, moustaches et sourcils laissant voir les yeux. Les couleurs sont jaune, marron, gris, fauve et louvet, noir plus moins marqué de feu, il peut y avoir des poils blancs mélangés, mais jamais de taches blanches, sinon une petite au poitrail.
Utilisation et caractère :
Si l'on a parfois tendance à le considérer comme un bon chien de compagnie et d'exposition, ce qu'il sait aussi être, ce rustique qui ne craint pas les intempéries et peut dormir dehors par tous les temps, est avant tout un chien de travail consciencieux, résistant et infatigable.
Au Portugal, si certains l'ont essayé à la chasse où il a très bien réussi, il est surtout utilisé pour la garde des troupeaux de moutons et de chèvres, mais il s'est avéré aussi efficace avec des bovins et des chevaux: il sait se faire respecter; même des "gros" ! En tant que berger, ce chien présente deux autres avantages précieux: il se contente d'une nourriture frugale et, caractéristique importante, il peut pressentir les orages plusieurs heures à l'avance, ce qui permet de mettre le troupeau à l'abri avant le déluge,
Ses énormes qualités au travail ont un revers: son caractère qui est assez indépendant, même s'il est capable d'un grand dévouement et d'un fort attachement à son maître, C'est un chien qu'il faut savoir prendre en main avec fermeté (mais aussi avec du doigté) et alors il est tout à fait possible de le dresser pour l'agility ou pour en faire - malgré sa taille- un bon chien de défense et de garde, car il n'est pas du genre à faire la fête aux intrus !
Vivre ovec un Cao do Serra
La vie avec lui sera facile, pourvu que vous lui assuriez la dépense physique nécessaire à son tempérament de chien de travail, c'est un besoin vital pour lui et il serait cruel de l'en priver. En raison de la qualité de son poil, rien de sophistiqué pour son toilettage qui se borne à un bon brossage hebdomadaire,
C'est un chien qui apprécie beaucoup les câlins, et est très attaché à sa "famille" ; il n'est pas de tempérament jaloux et supporte très bien de la partager avec d'autres animaux familiers. Somme toute: un rustique au coeur tendre !